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Un professeur vieillissant enflammé de désir pour une jeune étudiante ? Il faut lintelligence dun Philip Roth pour donner de lintérêt à ce thème usé. Dans
La bête qui meurt, le grand auteur continue den découdre avec le puritanisme américain. David Kepesh y raconte sa passion pour Consuela, une Cubaine de bonne famille qui la quitté voilà quelques années. Pour la première fois, ce libertin impénitent a connu les affres de lattachement, les souffrances de la jalousie et la peur de perdre lobjet de son désir. Cest donc la confession dun homme âgé qui nourrit une obsession – un peu ridicule et pathétique, il faut le dire – pour la magnifique poitrine dune jeune femme. Bien sûr, ce roman à la fois érotique et cérébral embrasse beaucoup plus que cela. Progressant par digressions, se lisant parfois presque comme un essai, le récit évoque le passé puritain de lAmérique, la révolution des mœurs des années 60, le fils sacrifié sur lautel de la liberté sexuelle, mais aussi le vieillissement, la décomposition des corps, la mort. Comme le plaide le narrateur : Ce nest pas le sexe qui corrompt lhomme, cest tout le reste. Le sexe ne se borne pas à une friction, à un plaisir épidermique. Cest aussi une revanche sur la mort.
Sil na pas lampleur ni la profondeur de La Tache ou de Pastorale américaine, ce bref roman contient de brillantes réflexions. --Marie Labrecque
Book Description
Le lecteur retrouvera ici David Kepesh, le héros de Professeur de désir. Âgé maintenant de 62 ans, c'est un homme arrivé, qui enseigne à l'université et a créé son émission de télévision. Parmi ses étudiants, il distingue une certaine Consuelo, d'origine cubaine, jeune femme fascinante au corps merveilleux, mais qui se révèle incapable de s'abandonner à la sexualité. Progressivement, le fait qu'elle ne le désire pas va rendre David fou de jalousie… Sur cette trame classique du déséquilibre progressif d'une relation où le désir se révèle définitivement non partagé, Philip Roth évoque non seulement les problèmes de la sexualité et de la jalousie, mais aussi le sujet beaucoup plus poignant des sentiments du jaloux vieillissant. Ce constat cruel et lucide (le narrateur est censé écrire ses souvenirs huit ans après les événements) est aussi l'occasion pour l'auteur de pourfendre l'ordre moral et le puritanisme de l'Amérique actuelle. Un roman sans concession où Philip Roth se montre au plus intense de son talent.