Book Description
« Ici une couleuvre de première force rampe à travers les mousses et les bruyères ; elle fait fuir de tous côtés les paisibles grenouilles, les lézards verts ou gris [...], les salamandres [...]. Mais le reptile continue sa marche [...] ; au fond de sa gueule entrouverte on distingue sa langue fourchue, ses gencives pâles et visqueuses ; son il ardent brille de convoitise. Cest quil vient dapercevoir une couvée de petits oiseaux [...]. La mère arrive [...], elle sarrête le bec ouvert, les plumes hérissées, prête à sélancer sur son terrible ennemi. Tel est le sujet dun de ces petits drames, quAvisseau aime à rendre et où il excelle... ».
À lire Rochebrune, on saisit le côté romanesque des céramiques de Charles-Jean Avisseau, « moderne Palissy » qui place ses pas dans ceux de son illustre prédécesseur. Lépoque sy prête effectivement : avec le romantisme et le naturalisme, réapparaît le goût pour le grand potier de la Renaissance, dont lécole de céramique de Tours relance le mythe au XIXe siècle. Ses chefs de file, Charles-Jean Avisseau et Joseph Landais connaissent alors un immense succès. Rehaussées démaux aux tons vifs, leurs uvres mettent en scène une faune et une flore parfois saisissantes de réalisme et ont bientôt les faveurs de toute lEurope. À leur suite viendront leurs enfants et petits-enfants, tandis que de nombreux émules continueront à produire des « rustiques » aussi variées quéclectiques jusquau début du XXe siècle.
En réunissant près de 150 pièces, cette exposition rend toute son importance à une école de céramique qui fut à lorigine dun véritable renouveau de cet art au XIXe siècle et qui ouvrit la voie aux écoles de Limoges, Angoulême et Paris.