Avec ce deuxième roman des Rougons-Macquarts, Zola se penche sur le monde de la haute finance et de la spéculation immobilière au moyen d'Aristide Saccard. Pour se faire, l'écrivain développe la fiction sur une toile de fond bien réelle. Alors que Paris de 1860 se voit totalement transformé (défiguré?) par les plans d'amélioration de Haussmann, une poignée d'hommes peu scrupuleux et manipulateurs en profitent pour faire augmenter la valeur de chaque maison qui sera détruite... pour ensuite racheter les terrains vacants pour moins que rien. Parallèlement, Zola propose une deuxième histoire, celle de Renée (épousée en deuxième noce par Saccard) et de Maxime (fils de Saccard né du premier mariage de ce dernier) qui voguent dans ce monde d'opulence.
Publié en 1872 sous forme de feuilleton, La Curée n'a pas encore la force des futures grandes œuvres de Zola (L'Assommoir, Nana, Germinal, La Bête humaine, etc.). Force est d'admettre que l'auteur, particulièrement dans les cent cinquante premières pages, opte pour un style clairement balzacien fait de très longues descriptions qui aident à créer une atmosphère. À cela s'ajoute le sujet même de la trame du roman. La Curée aurait pu aisément s'intitulé : Splendeurs et misères de la finance. En effet, plutôt que de se pencher sur le petit peuple, comme il le fera plus tard, Zola suit la "recette" de Balzac en flottant au-dessus des hautes sphères de la société parisienne en se servant d'un parvenu : Aristide Saccard.
Pour les néophytes de Zola, je vous suggère de débuter par un autre roman que La Curée. Cette œuvre devrait malgré tout plaire à ses lecteurs plus aguerris, particulièrement ceux qui ont aussi un faible pour Balzac. La filiation est ici indéniable.