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J'ai serré la main du diable: La faillite de l'humanité au Rwanda
 
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J'ai serré la main du diable: La faillite de l'humanité au Rwanda [Paperback]

Roméo Dallaire
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En 1994, le génocide rwandais a fait plus de 800 000 morts en moins de six semaines. Commandant de la Force internationale de maintien de la paix des Nations Unies, le général canadien Roméo Dallaire a assisté, impuissant, au déroulement des massacres. Dans J’ai serré la main du diable, il dresse le portrait d’un monde en déroute, abandonné de Dieu. “J’ai eu l’impression d’avoir des traces de sang sur les mains pendant des mois”, soutient-il.

Arrivé à Kigali le 17 août 1993, Dallaire essaie de prévenir ses patrons à l’ONU. Mais personne n’est prêt à aider un petit pays sans intérêt stratégique et sans ressources naturelles. De jour en jour, la situation se dégrade. Finalement, les forces du général seront laissées à elles-mêmes, sans carburant, sans argent, sans équipement digne de ce nom, presque sans eau et sans nourriture. Puis c’est l’horreur. Encouragés par une radio qui lance des appels incessants à la haine ethnique, des miliciens hutus se lancent sur leurs victimes tutsies, pendant qu’une armée d’exilés entame depuis la frontière une guerre civile pour prendre le pouvoir. Dans Kigali – où l’odeur de la mort devient insupportable –, des cadavres s’empilent, des individus drogués et soûls tuent femmes et enfants à coups de machettes. La majorité des politiciens modérés avec qui Dallaire avait le mandat de négocier sont assassinés.

Au terme de ce drame auquel il s’est frotté pendant de trop longues semaines, le général Dallaire perdra momentanément la raison. Près de 10 ans après, il publie ce témoignage essentiel pour comprendre les défis qui se posent aux hommes de bonne volonté à l’aube du XXIe siècle. Dans J’ai serré la main du diable, comme Zola, le Québécois accuse. Il fait aussi son mea culpa : “Je n’avais aucune compétence politique et aucune formation dans les affaires africaines ni n’étais familier avec l’enchevêtrement des conflits ethniques où la haine l’emporte sur la raison.” Ses ennemis l’ont accusé de simplisme. Et il est vrai que, mû par sa vieille foi chrétienne et un amour sincère pour le Rwanda, Roméo Dallaire a tendance à voir le monde comme dans les récits bibliques : les forces du mal d’un côté et la pureté de l’innocence de l’autre. Mais pour un Juste qui veut “sauver [son] âme”, qu’on se le dise : c’est la seule façon. --Hélène de Billy

Book Description

Le lieutenant-général Roméo Dallaire rentrait du Rwanda en septembre 1994 après y avoir assumé le commandement de la force de maintien de la paix des Nations Unies. Son retour au pays marqua le début d’un nouveau cauchemar. S’il avait laissé derrière lui le génocide rwandais – ses huit cent mille morts et ses millions de victimes –, son souvenir, de même que la douleur d’avoir perdu en cours de mission quatorze militaires sous ses ordres, allait commencer à le torturer. Il lui faudra sept ans avant de pouvoir commencer à écrire sur ce sujet. À travers le récit de ce témoignage douloureux s’esquissent l’aveu d’un échec ainsi qu’une critique des forces internationales. J’ai serré la main du diable est un cri du cœur contre l’indifférence.

About the Author

Le lieutenant-général Roméo Dallaire est entré dans les Forces armées canadiennes (FAC) en 1964. Depuis son retour du Rwanda, il a servi en tant que général-commandant de la 1ère division canadienne et commandant-adjoint de l’Armée de terre. Il a été promu au rang de lieutenant-général (3 étoiles) et a occupé plusieurs fonctions au sein du ministère de la Défense. Il continue de servir les membres des FAC et les anciens combattants en s’occupant du problème du syndrome de stress post-traumatique chez les soldats, syndrome dont il fut lui-même victime. Il a pris sa retraite des forces militaires en avril 2000, pour des raisons médicales. En janvier 2002, à Londres, en Angleterre, on lui décernait le prix Aegis pour la prévention de génocide.
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