Flamboyante adaptation de la pièce
Les Feluettes, de Michel Marc Bouchard,
Lilies, de John Greyson, prouve avec éclat que le théâtre d'auteur a sa place au cinéma. Entre un prisonnier (Aubert Pallascio) qui, en 1952, se confesse à un évêque (Marcel Sabourin), et deux adolescents (Jason Cadieux et Danny Gilmore), qui s'aiment dans le Québec rural de 1912,
Lilies noue un inextricable réseau d'intrigues, d'alliances, de trahisons et de jalousies, qui mettront à jour un secret vieux de 40 ans. Baroque et bouleversant, romantique et rigoureux,
Lilies joue sur plusieurs tableaux, et gagne sur chacun d'eux, qu'on y cherche une brûlante histoire d'amour ou une remarquable métaphore sur la création. Ce qui aurait pu n'être qu'un
Roméo et Juliette gai, devient, grâce à l'intelligence du scénario de Bouchard et à la mise en scène éclairée de John Greyson (
Zero Patience), une histoire, universelle et intemporelle, sur l'amour fou, le prix du secret et l'art du mensonge. Jouant sur le réalisme, le symbolisme et l'onirisme, ce film superbe, qui allie la magie du cinéma à celle du théâtre, montre à quel point la vérité se cache derrière des masques. --
Éric Fourlanty