Je ne suis pas d'une génération qui lis des mangas, c'est par un cadeau que j'ai pu lire Quartier lointain. Je dois dire que le fait que la forme ait été adaptée pour un public européen, donc avec lecture de gauche à droite, m'a facilité les choses. Mais on s'habitue ensuite vite au sens japonais de droite à gauche si besoin est. Quant aux frontières culturelles, elles sont franchissables dès qu'il s'agit d'un chef-d'oeuvre.
Qui n'aimerait pas revenir le passé en sachant ce qu'on sait aujourd'hui ? On éviterait bien des erreurs...
C'est ce qui arrive au narrateur, mais c'est pour son présent qu'il va trouver des leçons, un peu comme dans un psychanalyse; il en sortira meilleur, plus sûr de ce qu'il doit faire du moins. La manga est un genre qui se rapproche du cinéma par la fluidité, le passage d'une situation à une autre. Est-ce pour cela que les choses les plus extraordinaires, surgies progressivement, prennent l'aspect de l'évidence ? La rigueur de la construction y est aussi pour quelque chose. La fin est ... mais ne lisez pas la fin avant le reste.
Dans une manga, surtout pour jeune public, le décor et l'aspect physique des personnages sont sommaires. Ce n'est pas le cas ici, ce qui m'a permis d'utiliser certaines pages, aux angles de vue particulièrement variés, dans mon enseignement de langue.
Pendant plusieurs jours, j'ai lu et relu Quartier lointain, tant cette histoire est prenante, tant elle nous parle du plus profond de la vie. Pour moi, en tout cas.