Book Description
Le 30 octobre 1995, après une campagne référendaire exaltante marquée par un vaste mouvement de liberté mobilisant tous les secteurs de la population et défi ant les pronostics les plus sombres, le Québec n'a manqué que 54 000 voix pour devenir un pays indépendant. Donc ce n'est que partie remise. Mais fini, la naïveté! Dix ans plus tard, Robin Philpot a réalisé une enquête minutieuse et obtenu des entrevues candides et révélatrices, notamment avec des acteurs forts de l'extérieur du Québec, qui démontrent que ce n'est pas le Comité des Québécois et des Québécoises pour le NON qui, in extremis, a arraché cette courte victoire, mais bien le Canada et l'État canadien et des Canadiens de l'extérieur du Québec. Et cela en violation flagrante autant des lois québécoises, des règles de l'État de droit, que du droit international des nations de disposer d'elles-mêmes. Un peuple libre établit le récit de sa propre histoire, un peuple assujetti se le fait imposer par d'autres dont l'objectif premier est de perpétuer l'assujettissement. C'est ce qui arrive trop souvent au Québec. Robin Philpot s'est donné la mission de renverser la vapeur. Tel un Michael Moore, il a obtenu des confidences étonnantes de Brian Tobin, idéateur et organisateur du mal nommé love-in du 27 octobre 1995, de l'ineff able Sheila Copps, qui souhaitait « écraser » les souverainistes en 1995 et encore plus après, de John Rae, responsable des aff aires politiques de Power Corporation et homme à tout faire de Jean Chrétien, de James Blanchard, ancien ambassadeur américain au Canada et de plusieurs autres. Jacques Parizeau lui a donné accès à toutes ses archives de la période référendaire, Pierre-F. Côté, ancien directeur général des élections, a fait des observations remarquables. Le référendum québécois de 1995 est aussi situé dans le contexte du Canada, pays issu de l'Empire britannique dont les pratiques autocratiques, voire impériales, détonnent nettement de son image démocratique internationale surfaite. Retour sur l'annexion, par référendum volé, le Terrre-Neuve, sur l'annexion de terres de l'Ouest, sur le coup de force constitutionnel de 1982. « Oui et ça devient possible » était le slogan du OUI en 1995. Mais que deviendra possible lors d'un OUI massif? L'auteur a posé cette question et trouvé des réponses qui surprendront.