From the Publisher
Plus que comme un roman, le dernier livre de Bellow se présente comme un récit ou une biographie : celle d'un vieil homme, le professeur Ravelstein, dont les dernières années de vie sont retracées, à sa propre demande, par l'un de ses meilleurs amis, un juif d'une vieille famille européenne, qui prévient d'emblée le lecteur que son origine et sa vision particulière biaiseront le récit. Le livre se déroule sur le ton aisé et fluide de la conversation : Ravelstein et son biographe discutent en érudits, débattent de politique et de libéralisme, s'amusent, se souviennent, glissent avec aisance d'un sujet à l'autre. Le narrateur intervient dans le récit et se décrit lui-même, devenant ainsi l'un des deux personnages principaux de cette histoire qui prend volontiers la forme d'un dialogue. Il évoque pêle-mêle des fragments de la vie de Ravelstein et de la sienne, la philosophie et Platon (souvent cité), l'art et la cuisine, la musique, " ces fleurons de la civilisation ", le besoin métaphysique comme celui du luxe et de la beauté, la vie, l'amour, la réalité, la mort
Il semble que Bellow se soit scindé en deux personnages : deux hommes d'âge différent, proches par l'esprit et la culture, liés par une vieille complicité, confrontés tous deux à la maladie et à la mort. La réflexion sur la mort qui approche (par un écrivain âgé aujourd'hui de plus de 80 ans), la misère du corps vu dans tous ses états (Ravelstein est décrit sur son lit de malade, épave que soulève les infirmiers, veillé par le fidèle Nikki, dont on devine qu'il fut son amant, comme sont longuement décrits la maladie du narrateur et son séjour à l'hôpital), le goût de la vie malgré tout. Le texte est d'ailleurs souvent drôle, empreint de l'humour particulier à Bellow, fait d'un mélange d'audace, de lucidité, d'absence d'illusions.
From the Back Cover
Abe Ravelstein est un brillant professeur de l'université de Chicago qui peut se targuer d'avoir formé tous les hommes qui comptent dans le monde politique. Il a vécu sur un grand pied - largement au-dessus de ses moyens. Son ami Chick, le narrateur, lui a suggéré d'exposer sa philosophie politique dans un livre destiné au grand public. À sa propre surprise, Ravelstein s'exécute et devient millionnaire. Durant un séjour à Paris destiné à célébrer ce succès, il incite Chick à écrire un livre sur lui et tous deux échangent des pensées sur la mort, la philosophie et l'histoire, les amours et les amis, et des anecdotes du passé. À leur retour dans le Midwest, Ravelstein succombe au sida tandis que Chick frôle la mort de peu.
Le dernier roman de Saul Bellow est un voyage, tantôt sombre, tantôt férocement drôle, à travers l'amour et la mémoire ; c'est un hymne à l'amitié et à la vie.