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RIEN DE GRAVE [Perfect Paperback]

JUSTINE LÉVY

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Book Description

April 23 2004 Litterature Française
" Tu t'attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J'ai lancé le cadre par terre, le verre s'est brisé mais comme c'était pas assez j'ai bondi du lit et j'ai déchiré la photo, celle qu'il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu'on ne connaissait pas à notre mariage qu'on est partis avant la fin. Il a eu l'air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu'il n'aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c'est le contraire, rien ne me fait plus peur qu'une photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu'elle promet, qu'elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver, qu'il me quitte. Comment j'aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n'existais pas.

Product Details

  • Perfect Paperback: 194 pages
  • Publisher: STOCK (ÉDITIONS) (April 23 2004)
  • Language: French
  • ISBN-10: 223405673X
  • ISBN-13: 978-2234056732
  • Product Dimensions: 21.5 x 13.5 x 1.7 cm
  • Shipping Weight: 281 g
  • Amazon Bestsellers Rank: #1,247,223 in Books (See Top 100 in Books)

Product Description

About the Author

Rien de grave est le deuxième roman de Justice Lévy après Le Rendez-vous (Plon, 1995)

Excerpt. © Reprinted by permission. All rights reserved.

Tu t’attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J’ai lancé le cadre par terre, le verre s’est brisé mais comme c’était pas assez j’ai bondi du lit et j’ai déchiré la photo, celle qu’il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu’on ne connaissait pas à notre mariage qu’on est partis avant la fin.
Il a eu l’air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu’il n’aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c’est le contraire, rien ne me fait plus peur qu’une photo, rien ne me semble plus faux-cul qu’une belle photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu’elle promet, qu’elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c’était la meilleure chose qui puisse m’arriver, qu’il me quitte. Comment j’aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n’existais pas.
Il portait des baskets neuves, ce soir-là. Il était allongé sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. D’abord j’ai cru que c’était parce qu’il en était content, parce qu’il voulait les admirer et me les faire admirer, je ne savais pas que c’était pour partir, en courant, pour toujours. Pourquoi tu n’enlèves pas tes baskets ? j’ai demandé. Elles sont chouettes, mais il est deux heures du matin, t’as envie de faire l’amour avec tes baskets mon amour ? Non, il a dit, sans rire ni sourire, non, j’ai pas envie de faire l’amour avec mes baskets, j’ai quelque chose à te dire. Ah bon, quoi ? Je me suis pelotonnée contre lui. En rentrant de mon bureau, je l’avais appelé : tu as besoin de quelque chose ? Non. Du fromage, des Frosties ? Non. Parce que je vais aller faire des courses, il n’y a plus de Coca, ni de thé je crois, tu veux sûrement quelque chose ? Rien. Rien, t’es sûr, c’est dommage, car je voudrais bien te faire plaisir, moi. Alors, fais-moi plaisir, ne me rapporte rien s’il te plaît. Cette conversation m’avait sidérée. Il ne disait jamais non aux Frosties, d’habitude. Jamais non au fromage. Parfois on se levait la nuit, moi pour aller boire un verre de lait, lui pour se faire un sandwich, on se retrouvait dans la cuisine, ensommeillés, affamés, c’était parmi les moments que je préférais, quand il était décoiffé, tout nu dans le froid, France Info à fond pour écouter le résumé du match de foot. Mais là il ne voulait pas de fromage, rien, c’était la première fois, c’était bizarre.
Tu te souviens comme on se moquait, d’habitude, de ceux qui disent bon il faut qu’on se parle ? il m’a dit, couché sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. Oui, pourquoi ? Parce qu’il faut qu’on se parle, là, c’est idiot mais il faut qu’on se parle. Il avait le menton qui tremblait, il avait l’air qu’il a quand il a une sale note, ou quand il s’est disputé avec son père, ou… Non, en fait, il n’a jamais eu le menton qui tremble comme ça, il n’a jamais eu cet air-là, et je lui demande, tout bas, au bord des larmes, en osant à peine poser la question, en n’osant pas entendre la réponse : il faut qu’on se parle, mais de quoi ? Et, comme il hésite : allez, allez, dis-le, je crie, debout soudain près de lui. Je viens de comprendre, en fait, et je le déteste d’avoir compris : dis-le ! dis-le ! La semaine dernière… (il tousse, il prend une cigarette, cherche du feu, n’en trouve pas, repose la cigarette)… la semaine dernière, tu portais ta robe verte, tu sais, celle qui fait se retourner les gens dans la rue et qui me rend toujours si fier, tu m’as dit ça y est, je suis guérie, je vais bien, je vais tellement bien qu’on va pouvoir enfin s’aimer bien, je n’ai plus peur que tu me quittes, tu t’en souviens ? Bien sûr que je m’en souviens, je pense : je me sentais si forte, ce jour-là, j’avais arrêté les amphètes depuis un an, je ne lisais plus son journal intime, je ne parlais plus en dormant, et c’est vrai que je n’avais plus peur qu’il me quitte, et c’est vrai que c’était une drôle de bonne nouvelle, ça voulait dire que la vie allait être plus légère, c’est tellement important la légèreté. Je ne réponds pas, pourtant. Je suis trop atterrée par ce que je suis en train de comprendre et c’est lui qui reprend : eh bien je pars, voilà, je m’en vais, c’est ça le truc que je voulais te dire.

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