Dans ce long métrage, François Ozon démontre encore une fois combien son style est éclectique et touche-à-tout. En effet, dans cette adapation libre d'une nouvelle, "Moth" de l'écrivaine Rose Tremain, Ozon nous raconte une fable qui aurait tout bien pu se dérouler au Moyen-âge ou à la Renaissance, mais qui se déroule et à très bon choix dans la ville d'Amiens au XXIème siècle.
Quand deux personnes se rencontrent et ont un enfant, c'est leur quotidien qui se retrouve chamboulé quand l'enfant développe un don miraculeux, attirant la convoitise (mal intentionnné ou non) de certaines personnes, mais aussi une dimension poétique et symbolique dans un quotidien qui n'est pas toujours des plus faciles quand on n'a que peu d'argent.
Du côté des acteurs, chacun et chacune donne un souffle et une dimension humaine très réaliste à leurs personnages. Surtout Alexandra Lamy qui, connue surtout pour la version française "Un gars, Une fille", démontre un jeu dramatique crédible et bouleversant. Même chose pour Sergi Lopez, Mélusine Mayance et Arthur Peyret, impeccables dans leur jeu d'acteur.
Quant aux effets visuels, considérant les nombreux plans difficiles en raison de la caméra qui bouge tout le temps, je trouve admirable comment les artistes des studios BUF sont parvenus à bien intégrer les effets visuels exigés sur le personnage de Ricky et à rendre son don particulierement incroyable aux yeux des spectateurs, contrairement à certains films (ex: Van Helsing) dont les effets visuels sont si mal intégrés qu'ils surchargent des plans et vont jusqu'à ruiner le récit.
Bref, Ricky est un film bouleversant dans lequel, tout comme Breaking the Waves, le miracle se mèle à une réalité difficile.