Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Paul Gratias.24 février 1964, 7h16 du matin à Los Angeles. Attaque d’un fourgon blindé de la Wells Fargo. Quatre convoyeurs abattus. Trois braqueurs morts, le quatrième a pris la fuite en emportant seize sacs de billets de banque et quatorze mallettes remplies d’émeraudes.C’est sur ce braquage, disséqué avec une maestria éblouissante, que s’ouvre Underworld USA, dernier volet de la trilogie commencée avec American Tabloid (1995) et American Death Trip (2001). Le narrateur reste dans l’ombre. Il a « suivi des gens, posé des micros et mis des téléphones sur écoute, suivi les événements par ellipses. » Il nous prévient : « Ce livre est instruit sur des documents publics détournés, des journaux intimes dérobés, la somme de mon expérience personnelle et quarante années d’études approfondies. »Eté 1968 : Martin Luther King et Robert Kennedy ont été les victimes de conspirations meurtrières. La Convention démocrate de Chicago est sabotée par des escadrons de nervis spécialistes en coups fourrés. Les militants noirs se préparent à l’insurrection dans les quartiers sud de Los Angeles. Le FBI, sous la houlette de J. Edgar Hoover, utilise tous les moyens pour les infiltrer, les diffamer et les détruire. Howard s’est fait escroquer dans le rachat des casinos de Las Vegas par la mafia. Et, à la croisée de tous ces événements, le Destin a placé trois hommes :- Dwight Holly est l’exécuteur des basses œuvres de Hoover, dont les décisions sont dictées par un racisme viscéral et une méfiance maladive envers l’administration du nouveau président Richard Nixon ;- Wayne Tedrow, ancien flic et trafiquant d’héroïne, cherche à instaurer un empire mafieux en installant une chaîne de casinos en République Dominicaine ;- Don Crutchfield, jeune détective privé, voyeur obsédé par les femmes, est chargé par un nostalgique du nazisme de retrouver Gretchen Farr, dont la spécialité est de dépouiller ses nombreux amants. Son enquête l’amènera à évoluer entre des assassins d’extrême droite, des révolutionnaires d’extrême gauche et des « power mongers ».Dwight, Wayne, Don : leurs vies s’entrechoquent sur la piste de Joan Rosen Klein, la « Déesse rouge », et chacun d’entre eux paiera « un tribut élevé et cruel à l’Histoire en marche ».En 131 chapitres et plus de 800 pages, Underworld USA est la flamboyante conclusion d’une trilogie qui a placé James Ellroy au rang des « plus grands écrivains américains d’aujourd’hui », selon le Los Angeles Times Book Review.Roman noir et politique, ce livre reconstruit les années les plus tourmentées de l’Amérique du XXe siècle, avec une largeur de vision et une profondeur stupéfiantes. C’est, une fois de plus, une histoire de corruption et de rétribution, d’idéaux en guerre et d’amours vécues à l’extrême. C’est tout simplement l’Histoire vue et racontée par James Ellroy.« Underworld USA est bien au-delà de toutes les espérances. C''est une oeuvre majeure. Folle. Démesurée. Emportée par une fièvre romanesque qui ne guérit jamais. Underworld USA est un rouleau compresseur auquel rien ne résiste et sûrement pas la tentation de le quitter. » — L’Express
