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Après avoir démarré une immense intégrale des
Sonates pour clavecin de Scarlatti, Pierre Hantaï fait un détour pour ce label inventif vers l'univers de Bach. Renouveler ainsi le
Clavier bien tempéré, cette fantastique construction musicale, n'est pas donné à tout le monde. On se précipite donc pour entendre un toucher aussi fantasque et qui maîtrise à ce point le contrepoint et la polyphonie de l'écriture. Pierre Hantaï puise dans l'abstraction de ces pages pour les équilibrer entre les couleurs baroques et les fulgurantes visions contemporaines. L'instrument sonne de façon resplendissante dans les
Vingt-quatre préludes et fugues qui constituent le premier recueil. Il y a chez Hantaï un mélange unique de simplicité et d'inspiration liée au chant. Bach subit en effet l'influence italienne et même ici, dans ce royaume de l'ordre et de l'abstraction, la leçon de musique devient tour à tour nuancée et passionnée, chargée souvent de panache ; on écoute ce récital sans lassitude, au hasard des tonalités ou bien dans la continuité. Peu importe. Ce jalon fera date.
--Étienne Bertoli