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Content by richard tremblay
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Helpful Votes: 38

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Reviews Written by
richard tremblay (montréal, canada)
(REAL NAME)   

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Protocole Reston (Le)
Protocole Reston (Le)
by Mathieu Fortin
Edition: Paperback
Price: CDN$ 14.05
5 used & new from CDN$ 10.16

4.0 out of 5 stars Excellent thriller avec des zombies !, Aug. 4 2010
This review is from: Protocole Reston (Le) (Paperback)
Dans Trois-Rivières assiégé par des zombies, Victor et Lucien (et non Julien comme le signale la 4e de couverture, impardonnable) tentent de sauver leur peau en compagnie de Sara, de David, d'Érika...

Ça part sur les chapeaux de roue et ça ne lâche pas avant le point final. L'action est non-stop, le lecteur est pris dans le mouvement, et le temps de le dire, le roman a été lu d'un bout à l'autre. Rarement 90 minutes ont elles passées si vite pour ce lecteur-ci.

Deux bémols. La transcription écrite de la langue parlée est inégale dans le roman et ça se remarque : fine au début, heavy au milieu, puis médium vers la fin. Même que certaines locutions ont une graphie variable selon leur emplacement (fac, faque...), ce qui choque le pointilleux en moi. On peut croire que c'est mineur, pas pour moi cependant, parce que c'est un irritant qui n'aurait pas dû survivre à une relecture attentive.

Et à la toute fin, page 123, je n'ai vraiment pas apprécié le sourire « pervers » du docteur Miersk. Ça fait savant fou, ça mine la crédibilité du roman, et le Protocole Reston ne méritait pas ça. C'est tellement cliché que c'en est indigne du talent de Fortin. (Grain de sagesse : Un roman est une chose complexe et totale, il suffit d'une phrase boiteuse pour que l'édifice s'écroule, une expression mal choisie et c'est le roman qui en pâtit.)

Ce sont deux objections mineures, qui n'ont pas vraiment gâché mon immense plaisir de lecture, mais qui l'ont quelque peu émoussé. Quand même : vivement recommandé par ce lecteur-ci. (Et la couverture est absolument sensationnelle.)

Cote 8 / 10

Voyeurs, s'abstenir
Voyeurs, s'abstenir
by François Gravel
Edition: Paperback
Price: CDN$ 18.55
12 used & new from CDN$ 9.88

1 of 1 people found the following review helpful
5.0 out of 5 stars Un autre bon coup de Gravel, Nov. 3 2009
This review is from: Voyeurs, s'abstenir (Paperback)
"La Passion selon Charles Pellerin est le quatrième roman du narrateur, et son plus grand succès. La raison en est qu'il a bâti son personnage principal sur Carl Vaillancourt, ce self-made man québécois, milliardaire, laid comme un pou, mystérieux, et constamment dans la mire populaire. Suite à ce grand succès de librairie, le narrateur (innommé) a reçu de nombreux commentaires qui l'amènent à réfléchir sur le personnage qu'il a recréé dans son roman. De cette réflexion, il tire un autre ouvrage, Voyeurs, s'abstenir, où il tente de départager le vrai du faux, la réalité de la légende bâtie autour de Carl Vaillancourt..."

En dépit d'une carrière commencée en 85 et marquée d'une cinquantaine de romans (dont 14 pour les adultes), Gravel est un écrivain encore assez peu connu, je trouve. Il a pourtant trois très grandes 'uvres derrière lui, et quelques autres devant encore, sans aucun doute. Ses incontournables sont "Bonheur fou" (1990), "Ostende" (1994) et "Fillion et frères" (2000). Et il faut ajouter que le reste de sa production pour les adultes n'est pas banale non plus, à l'exception peut-être de "Vous êtes ici" (2007) qui était un pari fou -- celui de faire de la littérature sur de bonnes intentions -- et conséquemment raté.

"Voyeurs, s'abstenir" est un très bon roman, encore qu'éloigné par la forme des romans auxquels l'auteur nous a habitué, lui plutôt traditionnel. Mais si la forme est inhabituelle, la manière, elle, c'est du Gravel pur fruit. L'histoire ? Cette fois, il n'y en a pas; ou si peu. Il y a juste le narrateur qui tente de reconstituer la vérité autour du financier et industriel Carl Vaillancourt, une énigme baignant dans le mystère comme on dit, un homme insaisissable qui n'est pas sans rappeler Pierre Péladeau (ne serait-ce que pour la laideur, l'amour des Laurentides et son attirance pour les femmes). C'est un fil romanesque ténu puisqu'il ne s'agit que de ça : la reconstruction d'un personnage à propos duquel les témoignages varient ' et se contredisent.

L'auteur aime les personnages qu'il crée. Il y a dans ses livres, même dans les moments les plus durs, une tendresse qui traverse tout. C'est ce que j'aime, c'est ce qui fait que je reviens toujours à Gravel et que je le tiens pour un des meilleurs auteurs au pays.

Recommandé par ce lecteur-ci. 7,5 / 10

HELL.COM
HELL.COM
by Patrick Senécal
Edition: Paperback
14 used & new from CDN$ 15.50

3 of 8 people found the following review helpful
3.0 out of 5 stars Très moyen, Sept. 8 2009
This review is from: HELL.COM (Paperback)
Daniel Saul est un des hommes les plus riches du Québec. Dans la jeune quarantaine, beau, fonceur, intelligent, il est sans pitié pour la concurrence et les losers. Daniel a tout pour lui.

Quand un ancien collègue de classe lui propose de devenir membre de Hell.com, un site secret où tout ' tout ! ' est possible pour ceux qui le fréquentent, Daniel accepte. Il est un « maître du monde » après tout. Il peut tout se permettre.

Mais Daniel a oublié qu'on ne monte pas aux enfers, on y descend. Et leur profondeur, qui est abyssale, n'aura d'égale que son désespoir. (Abrégé de la 4e de couverture)

Il semble bien que Senécal en avait un mauvais en lui. Parce que, autant le dire d'emblée, ce roman n'a vraiment ' mais vraiment ' pas fonctionné pour ce lecteur-ci.

Primo, le personnage principal est antipathique et ses motivations douteuses. Ce n'est pas rédhibitoire en soi, mais ça a empêché l'identification entre moi et le perso. Et puis, encore un milliardaire ! Encore un membre de l'élite... Il y avait aussi un fort capital d'antipathie dans le précédent roman de Senécal, Le Vide. Mais la narration se faisait à trois personnages, ce qui diversifiait le propos et l'auteur arrivait à créer un niveau de connivence entre le lecteur et les personnages.

Dans Hell.com, cette connivence ne s'établit pas. Dès le départ, Daniel Saul est odieux, obsédé par sa belle vie et le sexe. Son fils ado est modelé à son image, en pire parce que « full fru ».

Les motivations de tous et chacun sont assez sommaires, voire risibles, en particulier celles de Daniel et de Martin, son confrère de collège. Primitive la psychologie.

Mais, bon, on ne lit pas Senécal pour les mêmes raisons qu'on entreprend Les frères Karamazov. Pas le même rayon. On veut de l'action, du suspense, on veut se faire harponner dans le flanc et être emporté par le flot. On veut que ça bouge ! Que ça déménage ! On veut commencer le roman lundi soir et le terminer mardi matin.

Ce lecteur-ci a beaucoup été déçu. Hell.com est divisé en deux grandes parties. La première et la deuxième. (Ha ha ha.) La première raconte l'apprentissage des limites de Hell.com par Daniel, et c'est une partie qu'un célèbre Tremblay (François-Bernard, celui-là) a ainsi qualifié : C'est Anne-Marie Losique qui nous fait découvrir la Culture du X. Aussi poche que ça.

Ça se corse un tantinet dans la seconde partie où Daniel Saul, ayant connu comme son illustre prédécesseur son chemin de Damas, vire capot à propos de Hell.com et décide qu'il va sauver la vie de son fils en tentant de l'arracher à cet enfer... Partie cousue de fil blanc, sans aucune surprise, mais avec du ressort dans la jambe qui fait qu'on a enfin le goût de lire la suite. Mais c'est venu trop tard pour moi. Ça m'a pris plus d'une semaine à terminer ce gros roman, que je ne recommande pas.

Cote 5 / 10

Une piquante petite brunette
Une piquante petite brunette
by Albert Chartier
Edition: Paperback
Price: CDN$ 24.04
12 used & new from CDN$ 17.54

1 of 2 people found the following review helpful
4.0 out of 5 stars Typique d'une époque révolue, July 29 2009
Wilbrod Boisjoli, mon grand-père paternel, était abonné au Bulletin des agriculteurs, et chaque fois que nous montions à La Macaza, je me jetais sur les exemplaires qu'il gardait pour moi, juste pour lire Onésime, une bande dessinée super-drôle, avec des personnages bien typés et truculents, et des situations simples à comprendre pour un enfant de 8 ans. En plus, le fait que grand-popa ressemblait physiquement à Onésime, ajoutait un sel particulier à cette bande...

Je ne ferai pas le panégyrique d'Albert Chartier. Il y a un excellent article sur BDQuébec et un autre plus court sur Wiki. Vous y trouverez là ce qu'il y a à savoir sur l'auteur.

Chartier a tenté de percer le marché des strips, ces bandes en quatre cases que l'on retrouve dans la plupart des journaux. Une piquante petite brunette est le résultat global de tous ses efforts. Les strips ont été recueillis et restaurés par Jimmy Beaulieu, grand fan de bd et directeur de collection. Sur son blogue, Beaulieu donne à voir quelques-unes de ces bandes.

Il y a là des projets intéressants : Kiki, Elsinore, Suzette, Suzy, Cornelius, et quelques pantomimes anonymes. Si aucun de ces projets n'a connu une longue vie, quelques-uns virent le jour pour de brèves périodes de temps. Tous les projets sont des années 60. Donc, c'est fortement daté, l'humour de Chartier est mononcle sur les bords, mais le trait de son dessin est pur et fluide, en plus d'être instantanément reconnaissable.

Un bon album, ne serait-ce que pour sa valeur historique. 2012 marquera le centenaire de Chartier, il y a à l'heure actuelle une campagne pour que cet anniversaire soit commémoré par un timbre. Ce serait la moindre des choses.

Premier roman pour Momo de Sinro
Premier roman pour Momo de Sinro
by François Barcelo
Edition: Paperback
Price: CDN$ 9.95
7 used & new from CDN$ 3.45

5.0 out of 5 stars Super série de romans pour jeunes, July 29 2009
4e de couverture : Un écolier peut-il écrire un roman ? Bien sûr ! La preuve : Momo aura bientôt rédigé le sien. Une écrivaine est venue à son école, elle a parlé de son métier et donné quelques conseils aux élèves. Momo, qui rêve de devenir auteur lui aussi, s'est ensuite mis au travail.

Premier roman pour Momo de Sinro est la neuvième aventure de Maurice Monette, dit Momo, de Saint-Romain-des-Champs. Un garçon d'une dizaine d'années, curieux, rigolo, avec une propension à se mettre les pieds dans les plats. François Barcelo a eu la main heureuse avec ce personnage dont toutes les aventures sont intéressantes et écrites avec verve et l'humour particulier de l'auteur.

Ici, ce qui est super intéressant, c'est que Barcelo, l'air de rien, parle du métier d'écrivain, des étapes de l'élaboration d'un roman, des conditions d'écriture, de la vie des écrivains. Avec humour, bien sûr, ce n'est pas un roman didactique. J'ai 53 ans et je ris toujours avec Momo de Sinro. En prime, le lecteur a droit à l'oeuvre de Momo à la fin du livre, un roman de sf intitulé La planète plate.

Papa a acheté un camping-car: 1 famille, 3 continents, 7 m2
Papa a acheté un camping-car: 1 famille, 3 continents, 7 m2
by François Althabegoity
Edition: Paperback
6 used & new from CDN$ 28.01

2.0 out of 5 stars Pingre et mesquin, quel type !, July 29 2009
Papa a acheté un camping-car -- une famille, trois continents, sept mètres carrés. Titre et sous-titre amusants, on croit qu'on va bien rigoler à suivre les aventures désopilantes d'une famille légèrement dysfonctionnelle sur les routes des Amériques et de l'Afrique. La photo de la couverture illustre bien cette idée.

Erreur, on ne s'amuse pas dans ce livre. C'est dû, en grande partie, à la personnalité de l'auteur. Il essaie bien de faire rigoler, d'amuser le lecteur avec les péripéties de son voyage, mais Althabégoïty est un homme entièrement tourné sur lui-même, sur ses petites préoccupations, sur ses petits malheurs, en résumé, il est égocentrique, méprisant et mesquin.

Ça commence mal : la famille est mal préparé à ce long voyage de neuf mois. Le but est d'atteindre la pointe supérieure de l'Alaska en traversant le Canada, puis de redescendre vers l'Amérique centrale, passer en Afrique et remonter vers Toulouse, le lieu de départ. Mais ils n'ont pas songé au froid (Yukon et Alaska, youhou quelqu'un, réveillez-vous), aux moustiques, à la désolation des paysages qu'ils devront contempler des jours et des jours entiers, à la promiscuité de vivre à quatre dans un petit camping-car...

Dans les cent premières pages, l'auteur passe son temps à se plaindre, avec à peine une trace d'auto-dérision. C'est bête à mourir et on a le goût de lui flanquer des baffes devant le traitement qu'il fait subir à sa famille : car sa femme s'occupe de tout, ménage, alimentation, divertissement des enfants, une fillette de cinq ans et un garçonnet de deux ans. Lui, il conduit, chiale et ronchonne contre sa femme qui lui fait des « crises ». Une couple de baffes pour ce connard à lunettes !

Althagoïty est le roi du cliché : les Québécois sont bien entendu gentils, encore qu'ils aient un accent « épouvantable », les Américains sont obèses et obsédés par le matériel, les Mexicains sont des canailles... Althagoïty assène clichés par-dessus clichés; de ce côté-là, il ne craint personne.

Comble du comble, ce gars-là est pingre comme c'est pas permis (à noter qu'une étude internationale vient corroborer que les Français sont considérés les touristes les plus pingres du monde...) Cheap. Du genre à vider sa tank à marde n'importe où -- même dans des aires à pique-nique !! -- à la condition que pouvoir le faire gratuitement. De façon générale, il est tout fier de laisser des pourboires microscopiques et de ne pas payer pour les services utilisés. Quel minable !

Pire, il y a une méchanceté inhérente chez cet individu qui se réjouit constamment du mauvais sort qui afflige les autres, notamment lorsque de jeunes mariés au Mexique ratent leur repas de noces. Il jubile du malheur des autres. Quel taré !

Aussi, je mentionne brièvement les anglicismes dont on raffole tant outre-Atlantique : les Rockies, la Yukon River, l'Alaska Highway... Bientôt, je le jure, y a un Français qui va nous chier un livre tout en anglais, pour aller jusqu'au bout de son raisonnement. Par contre, j'ai appris que l'espace pour coucher au-dessus de l'emplacement du siège du conducteur s'appelle une capucine. C'est joli, une capucine.

Cerise sur le gâteau, ce lecteur-ci décerne virtuellement un coup de pied au cul de l'éditeur qui a fait un travail de cochon sur ce livre : coquilles, mots manquants, mots tronqués, mots concaténés, tout ça en assez grande quantité pour que ça se remarque sans effort... Chou à Laffont.

Il y avait très peu de joie dans ce périple. Il n'y en a pas eu du tout dans le c'ur ni la tête de ce lecteur-ci.

UN COMBAT ET AUTRES RÉCITS
UN COMBAT ET AUTRES RÉCITS
by PATRICK SUSKIND
Edition: Mass Market Paperback
Price: CDN$ 5.50
13 used & new from CDN$ 0.01

4.0 out of 5 stars L'art de la précision et de l'ironie, July 21 2009
Quatres nouvelles forment ce très court recueil.

L'exigence de profondeur. La vie d'une dessinatrice à qui on reproche son manque de profondeur prend une tournure dramatique alors qu'elle s'enfonce dans une recherche de profondeur personnelle. Un texte tout à fait saisissant sur le mal que l'on peut se faire à soi quand on accorde trop d'importance à l'attente des autres.

Un combat. Un vieux maître d'échec affronte un jeune aspirant qui respire tellement la confiance que le public le donne gagnant avant même que la partie ne commence. Même le vieux maître cède au sentiment général et voit la fin de sa domination et sa mise au rancart. La fin, attendue, ne sera pas celle qu'on croit. Ironique et profond.

Le testament de maître Mussard. Le plus long texte du recueil et le plus ennuyeux. Une histoire fantastique d'obsession personnelle et de la découverte d'une vérité fondamentale inconnue jusque ici dont la révélation risque de bouleverser les fondements de la civilisation. Rien de bien neuf, même pas la manière de raconter l'histoire.

Amnésie littéraire. Un vieil homme qui a tout lu, tout vu, fréquenté le beau monde ne parvient plus à se rappeler les détails de ses lectures et des gens qu'il a fréquenté. Un texte ironique sur le sujet poignant de la mémoire qui flanche, voire des souvenirs qu'on s'invente.

Trois très bons textes sur quatre.

OU ON VA PAPA (PRIX FÉMINA 2008)
OU ON VA PAPA (PRIX FÉMINA 2008)
by JEAN-LOUIS FOURNIER
Edition: Paperback
Price: CDN$ 22.57
31 used & new from CDN$ 7.82

1 of 1 people found the following review helpful
5.0 out of 5 stars Drôle, touchant, June 27 2009
Jean-Louis Fournier et sa femme ont connu le plus terrible de tous les cauchemars de parents, celui d'avoir un enfant handicapé à la naissance, non pas une, mais deux fois.

Sur un ton caustique, sardonique par moments, Fournier entreprend de raconter sa vie et ses relations avec Mathieu et Thomas, ses deux fils lourdement handicapés physiquement et mentalement. Ça donne un tout petit livre de 150 pages divisé en petits chapitres de quelques paragraphes ou de quelques lignes seulement. Une lecture en forme de coup de poing tant l'émotion est à fleur de peau.

C'est souvent très drôle, parfois méchant, quelquefois touchant quand on sent la petite émotion du père qui arrive à transpercer le blindage du sarcasme, ainsi quand Thomas ment à son père pour ne pas aller à la plage, petite lueur d'intelligence dans une tête « pleine de paille ».

Dans la presse et sur le web, on a beaucoup épilogué sur la part du vrai et du faux dans ce livre. Est-ce d'ailleurs un roman ou un récit ? Pour un point de vue différent, mais trop bref, on pourra visiter le site de la maman de Mathieu et Thomas, dont Fournier est séparé et qui n'apparaît quasiment pas dans le livre. Le site d'Agnès Brunet, joliment nommé Où on va, maman ?, offre un contrepoids intéressant.

Je crois qu'il faut lire ce livre en une seule séance pour ne pas diluer l'infinie tristesse qui se cache derrière les ricanements. Parce qu'il est absolument évident que l'auteur aime ses deux fils, qu'il souffre d'une culpabilité gigantesque de leur avoir imposé une vie de souffrances et de misère.

Mathieu mourra à quinze ans, Thomas vit toujours.

« Il ne faut pas croire que la mort d'un enfant handicapé est moins triste. C'est aussi triste que la mort d'un enfant normal.

Elle est terrible la mort de celui qui n'a jamais été heureux, celui qui est venu faire un petit tour sur Terre seulement pour souffrir.

De celui-là, on a du mal à garder le souvenir d'un sourire. »
p. 90

En somme, un livre qui m'a ému sans bon sens, dans le rire et dans la détresse. Chaudement recommandé.

Des gueules d'enterrement
Des gueules d'enterrement
by San-Antonio
Edition: Mass Market Paperback
2 used & new from CDN$ 16.19

4.0 out of 5 stars Un solide San-Antonio première cuvée, April 2 2009
Publié en 57, ce roman appartient à la fin de la première période de San-Antonio. Les personnages sont presque tous là (manque Mathias qui remplacera Favier, Bérurier ne porte pas encore le double prénom Alexandre-Benoît) et leurs voix respectives sont presque trouvées.

Les romans de la première période (telle que définie par moi) vont jusqu'à En peignant la girafe : c'est la période où les intrigues prennent le pas sur l'anecdote et les digressions, l'auteur cherche le ton juste, les personnages se forment (et se déforment dans le cas de Bérurier et de Pinaud), la dernière guerre, l'occupation et la Libération jouent un rôle encore important dans les histoires. L'univers San-Antonio est un work in progress.

Lentement le ton émerge. Il y en a parfois des fulgurances dans l'image et la métaphore. On rigole pas mal, surtout vers la fin, où l'auteur se démarque un peu, mais il ne faut jamais oublier qu'au-delà de l'humour, les romans du célèbre commissaire sont rodés au quart de tour, pas de temps mort, rien que du rythme et une gallerie de portraits bons pour la postérité. Avec une intrigue béton dans le cas qui nous préoccupe.

J'ai adoré cet opus.

Pourquoi j'ai tué mon père
Pourquoi j'ai tué mon père
by Perro Bryan
Edition: Paperback
4 used & new from CDN$ 10.39

5.0 out of 5 stars Perro est un excellent écrivain, April 2 2009
Pourquoi j'ai tué mon père raconte le marathon que le jeune narrateur va courir en compagnie de son père à Montréal en 1980. Ce marathon sera à la fois l'aboutissement d'une réflexion sur l'autorité paternelle, la consécration de la résistance et la mise à mort rituelle et symbolique du père.

Dans une courte préface, Perro avoue que ce roman est largement autobiographique, écrit pour faire la paix avec de vieux démons. La mort y est omniprésente, et pourtant ce n'est pas un roman sinistre. L'imagination de Perro est constamment sur le qui-vive. Le lecteur s'amuse beaucoup, sans doute parce que cette relation conflictuelle entre le père et le fils est assez universelle pour faciliter l'identification au narrateur.

Qui plus est, pour agrémenter son propos, Perro utilise une métaphore animale très amusante; et les liens qu'il parvient à créer entre les hommes et les gnous sont, à la fois, pertinents et utilisés avec beaucoup d'imagination.

Un livre étonnant qui montre bien que Perro est un excellent écrivain. Un livre que je recommande sans réserve.

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