Book Description
«Poilu», «Boche», «marmite», «pruneau», «pinard», «cahoua», «becqueter», «roupiller», «zigouiller», «avoir la trouille»…autant de mots ou d’expressions qui, venus de la Grande Guerre, résonnent encore dans notre imaginaire collectif. Fruit d’un mélange de jargon de caserne et d’argot des quartiers populaires parisiens, de termes régionaux et d’emprunts aux idiomes étrangers, cette langue, façonnée par l’expérience de la violence, forme l’une des dimensions, longtemps oubliée, des cultures de guerre. Fondé sur l’analyse des dictionnaires de langue et d’argot, sur les grandes enquêtes linguistiques contemporaines comme sur les sources littéraires, ce livre retrace la genèse, les formes et les fonctions de cette langue qui permit aux contemporains de faire la guerre, de la supporter jusqu’à son terme, de tenter d’en maîtriser les conséquences et finalement d’essayer de dire, en partie, l’indicible. Au sommaire: Chapitre 1: Des mots pour la guerre: Les plaisirs de la connivence; Les premiers lexiques; etc. Chapitre 2: La contre-offensive savante: La lutte contre les plus fanatiques de l'argot des tranchées; etc. Chapitre 3: Des usages littéraires: L'émergence d'un parler poilu; Le Feu, roman du dérèglement verbal; etc. Chapitre 4: Formes et genèse d'une langue de guerre: La sédimentation des strates lexicales au cours du XIXe siècle; etc. Chapitre 5: Paroles combattantes: Les modalités de la parole et de l'écoute; etc. Chapitre 6: Trajectoires: Vers le for intérieur; Les usages politiques; etc.